Drôle d’endroit pour un procès. Et drôle de date. Mais ça, les organisateurs du 10e prix SNCF du polar n’y pouvaient rien. Avouez tout de même que remettre des récompenses estampillées SNCF un jour de grève des trains était, comment dire, osé ? bizarre ? Nous y reviendrons. Hier soir donc, mardi 2 février, La Flèche d’Or, salle parisienne réputée pour son excellente programmation musicale, s’est transformée en tribunal. Dans le box des accusés, six auteurs, trois français, trois européens – une sorte d’association internationale de malfaiteurs -, l’Avocat général, Eric Naulleau (oui, la deuxième moitié du duo Zemmour-Naulleau de chez Ruquier, qui dans la vraie vie est aussi éditeur, écrivain et traducteur paraît-il), le grand témoin, Philippe Torreton, chargé des reconstitutions, heu… de lire des extraits des romans finalistes, à la barre, six avocats, du lourd, du ténor du barreau comme on dit (Maîtres Francis Szpiner et Philippe Valent notamment, sans oublier ces dames, Maîtres Yaël Scemama et Charlotte Plantin) et le Procureur général Guillaume Pépy (en sa qualité de président de la SNCF) qui avoue d’entrée de jeu que le verdict de ce soir n’est recevable d’aucun appel. Tiens, tiens, encore un ex-futur patron sur la scellete ?
Marijuana, cocaïne et autres substances illégales continuent d’être produites et d’envahir les Amériques et le monde. Plusieurs ex-présidents latinos appellent à changer de vision.
La guerre perdue contre la drogue. Le titre de l’excellent ouvrage de Jean-François Boyer, journaliste basé à Mexico, date de 2001 mais il est toujours d’actualité. Et plus que jamais. La guerre est définitivement perdue et elle continue de faire des victimes [...] Plus de 15.000 morts sont à déplorer, les narcos ont gagné et sont en passe de faire du Mexique une «narcodémocratie» [...] Face à cet échec, un mouvement prend de l’ampleur, mené par plusieurs anciens présidents de la République. César Gaviria (Colombie), Ernesto Zedillo (Mexique) et Fernando Henrique Cardoso (Brésil) tentent depuis quelques mois de faire entendre leur voix. (MF)
Pour lire la suite et la totalité de ce papier, c’est sur Slate que ça se passe.
Aurait-on assisté hier à la naissance d’un nouveau média ? C’est fort possible. Steve Jobs, patron emblématique d’Apple en avait l’air persuadé lorsqu’il a dévoilé au monde entier la nouveauté tant attendue, l’iPad. Sorte d’iPhone géant, cette tablette, passons sur son design épuré et classe, fait passer le Kindle pour un bon vieux Minitel. Mais ce qui nous intéresse, c’est ce qu’on va bien pouvoir y mettre dans cette « ardoise magique », comme l’appelle Eric Scherrer. Et, surtout, comment les médias (écrits en particulier), presse quotidienne et magazine, vont pouvoir tirer profit de ce nouveau support. Il ne semble pas anodin que la présentation de Jobs ait démarrée avec The New York Times en fond d’écran de la tablette. Le quotidien américain a d’ailleurs annoncé il y a peu la création d’un département spécial destiné aux e-readers. Poursuivre la lecture
Voilà comment l’Elysée nous voit. Nous, les journalistes. Tandis qu’aujourd’hui une grande partie de la presse fait sa Une sur la prestation télévisée du chef de l’Etat, Reporters sans frontières n’oublie pas que deux de nos collègues de France 3 sont aux mains de ravisseurs en Afghanistan. Deux journalistes expérimentés qui auraient, dixit Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, commis une « imprudence vraiment coupable », évoquant le fait que « il leur avait été très clairement demandé de ne pas s’aventurer ainsi parce qu’il y a des risques. » Mais qui leur a demandé cela ? L’armée ? Les journalistes ne sont pas des soldats il me semble, ils n’ont pas à obéir aux ordres d’un militaire ou d’une quelconque cellule du Quai d’Orsay. « Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui du reste sont détournées de leurs missions principales », a affirmé le conseiller du président au micro d’Europe 1, qui a enfoncé le clou en mettant sur le tapis la question qui fâche, celle de l’argent. « Cela a évidemment un coût tout à fait considérable, je me souviens que quelques jours seulement après leur disparition on évaluait déjà ce coût à un million d’euros. »Poursuivre la lecture
L’un des maîtres du polar US, James Ellroy, était à Paris pour une séance de lecture de son dernier roman, Underworld USA. Un évènement et un véritable show. L’auteur a assuré et ravi les 800 spectateurs présents.
“Bonsoir voyeurs, rôdeurs, pédérastes, renifleurs de petites culottes, punks et maquereaux !” Le ton est donné. Dès son arrivée sur la scène de la salle Renaud-Barrat du théâtre du Rond-Point lundi 11 janvier, accueilli par une salve d’applaudissements et par son hôte du soir, Jean-Michel Ribes, James Ellroy avance sa grande carcasse, se baisse, fait bouger ses jambes dans une imitation comique de tremblements et se poste derrière un pupitre…
Suite du compte-rendu de cette soirée sur Mauvais genres, le tout nouveau blog polar de Slate.
Et un petit bonus vidéo pour HemisphériqueS, deux minutes d’Ellroy en V.O. (MF)
2009 est derrière nous, 2010 arrive. L’occasion pour nous de vous souhaiter une excellente année. Et de publier un premier post tout en son, avec l’émission de l’excellent Asbel López sur RFI en espagnol, qui nous a invités pour sa dernière émission de l’an dernier à dresser le bilan multimédia des douze mois qui viennent de s’écouler. En vingt minutes, vous saurez tout sur ce qu’il ne fallait pas manquer en matière de nouvelles technologies et de journalisme. Pour les hispaniques, por supuesto. (MF & JCR)
Feliz año a todos. Para empezar bien este 2010, una mirada al 2009 y un balance de lo que fue lo más destacado en el sector de las nuevas tecnologías y del periodismo con el programa conducido por Asbel López en Radio Francia Internacional (en español), que nos invito para concluir el año.
Trois prototypes de tablettes de lecture donnent une idée précise de l’avenir de la presse magazine. Ils marquent une rupture avec les approches précédentes et donnent au Net un coup de vieux. Ils annoncent le grand retour de la maquette et de la qualité de la mise en page, mises à mal par les sites web. Le lecteur retrouve enfin ses repères habituels : typographies, colonnes, agencement des images, … De la même manière, l’objet est conçu pour une expérience de lecture quasi identique à celle d’un support papier. La tablette se pose sur une table et l’utilisateur lit installé comme à son habitude et non comme face à un écran PC. Poursuivre la lecture
Nous vous parlions d’un format d’avenir pour la presse magazine il y a peu, le « mook« . Après Monocle et XXI, c’est du côté de San Francisco qu’il va falloir regarder dans les tous prochains jours. C’est le blog de XXI qui nous l’apprend, la maison d’édition indépendante McSweeney’s, fondée à San Francisco par l’écrivain Dave Eggers, va lancer le 8 décembre San Francisco Panorama. Un magazine-livre de 320 pages ! D’après son fondateur, « le prototype du journal du XXI ème siècle. »
Son format : 15 x 22 cm, avec de belles photos, des illustrations, et des pigistes de luxe augurant de textes de grande qualité. Parmi les heureux publié dans ce nouveau magazine, Stephen King, Art Spiegelman, Michael Chabon et bien d’autres grands noms. « Nous pensons que la meilleure chance pour le magazine de survivre est de faire ce qu’internet ne peut pas : explorer toutes la richesse et les atouts d’un journal grand format », affirme Dave Eggers. Pour le moment, l’aventure ne doit durer, hélas, qu’un numéro. Un one shot qui, espérons-le, n’en sera pas un. (MF)
Hier avait lieu, au théâtre Saint-Georges, la remise des diplômes de la 30e promotion de l’Institut Pratique de Journalisme (IPJ), une école où nous intervenons en presse magazine et en plurimédia. Pour clôturer comme il se doit deux ans d’(excellents) enseignements, la direction a demandé à une personnalité de venir faire part de son expérience avec les journalistes. Une première. Et c’est Alexandre Jardin qui s’y est collé. Avouons-le, nous étions quelque peu sceptiques… Et pan sur le bec ! comme diraient nos confrères du Canard Enchaîné. Durant une vingtaine de minutes, l’auteur de Fanfan et autres joyeusetés littéraires qui, vous l’aurez compris, ne sont pas nos livres de chevets, nous a bluffés. Réaliste sur le système médiatique, pertinent, il n’a pas hésité, devant un parterre de jeunes (et moins jeunes) journalistes, à critiquer la profession, sur le fond et sur la forme. « Il faut faire polémique aujourd’hui. On m’invite sur les plateaux de télévision non pas pour parler de mon livre, mais de la dernière polémique en date », dit-il en citant l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés. « Un exemple parmi tant d’autres. » Stigmatisant l’effet Internet (« les politiques cherchent la petite phrase polémique qui fera le buzz sur le Net »), il n’a pas été tendre non plus avec « ces journalistes qui ne lisent plus les livres, une grande majorité. »
Mais tout n’est pas noir au tableau d’Alexandre Jardin, même si le discours est loin d’être optimiste. Et, faisant face à des journalistes qui démarrent dans le métier, il leur a demandé de toujours « garder [votre] capacité d’étonnement. » Allant à l’encontre de ce que venait de déclarer Denis Jeambar, le président de l’IPJ, sur l’importance des faits, il a donné sa vision du métier. « Je ne crois absolument pas aux faits. Vous êtes des raconteurs d’histoires. Alors, racontez-nous des histoires, n’oubliez jamais ça. Je vous le demande vraiment, car vous êtes le reflet de la société. On ne vit qu’une fois, alors si vous ne devez que nous écrire de sales papiers, notre société sera sale. » Le journaliste, tel Omo Micro, pour laver la société. On n’y avait pas pensé… (MF)
Un kiosque numérique pour vendre journaux et magazines en ligne. C’est ce que devraient annoncer dans les prochains jours quatre groupes de presse américains, rapporte le New York Times. Time Inc. (editeur du New York Times et des magazines People, Time ou Fortune), Conde Nast (The New Yorker, Vogue, Vanity Fair), Hearst (Marie-Claire) et Meredith (Parents) devraient en effet s’associer dans une plate-forme numérique, sorte d’I-tunes pour journaux et magazines. S’il s’agit d’abord de tenter de trouver de nouvelles ressources pour compenser les pertes publicitaires, le groupe des quatre ne se contenterait pas uniquement, toujours d’après le New York Times citant des sources proches du projet (on peut les croire vu qu’ils en font partie…), de vendre des versions PDF ou numériques de leurs éditions papier. Il proposerait des contenus spécifiques adaptés à différents supports numériques, tels les smart phones et les livres électroniques.
Une initiative intéressante que nous suivrons de près. En France, question monétisation des contenus, les éditeurs ne semblent pas bouger. Dommage, comme le rappelle la version française de Slate, selon une récente étude du Boston Consulting Group, « 54% des français seraient prêts à dépenser 3 euros par mois pour s’informer sur Internet. » Et vous ? (MF)