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Rodolfo Walsh, père du nouveau journalisme

9 octobre 2008 · Laisser un commentaire

Ecrivain, guérillero, journaliste, homme de gauche, ami de Gabriel García Márquez, l’argentin Rodolfo Walsh est un nom qui compte dans le monde du journalisme en Amérique latine. Il fait même partie, avec le Nobel de littérature colombien, des inventeurs du « nouveau journalisme ». Un mouvement qui, il y a une cinquantaine d’années, insuffle un nouveau souffle dans les médias latinos, qui fait la part belle au style et à l’écriture, aux enquêtes très documentées et longues.

Bien avant Truman Capote et son De Sang froid, Walsh publie une série d’articles (en 1957) sur une série de crimes commis par l’état argentin en 1956. Ces textes sont aujourd’hui réunis dans un livre, Operación Masacre, édité ce mois-ci par la jeune maison espagnole 451 editores. Un ouvrage indispensable, précurseur du nouveau journalisme.

Rodolfo Walsh est né en 1927. Il est le cofondateur de l’agence de presse cubaine Prensa Latina. Durant la dictature en Argentine, il crée l’ANCLA, l’agence clandestine de presse, afin de lutter contre le pouvoir des militaires. Le 24 mars 1977, un an après le coup d’Etat, il publie une lettre ouverte d’un écrivain à la Junte. Il signe avec ce texte son arrêt de mort. Le lendemain, des policiers tentent de l’arrêter. Il résiste, tire sur eux. Ils répliquent, il est grièvement blessé mais emmené vivant dans un lieu tenu secret. Depuis, il fait partie de la liste des milliers de disparus de la dictature. Un prix de journalisme porte son nom, l’équivalent de l’Albert Londres ou du Pulitzer latino. Il demeure un modèle pour bon nombre de journalistes, latinos ou d’ailleurs. (MF)

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