« Google n’a pas tué les journaux »

Carte de presse ConnellyC’est un maître du crime qui parle, Michael Connelly en personne. Dans un entretien accordé au Nieman Journalism Lab, un blog fort instructif sur les médias réalisé à Harvard, l’auteur de polars, ex-reporter au Los Angeles Times, passe à table et donne sa version de la crise que traverse la presse écrite, notamment aux Etats-Unis. Une interview qui n’arrive pas par hasard car le dernier roman de Connelly, The Sacarcrow (non traduit en français), qui vient d’être publié, voit réapparaître comme personnage principal Jack McEvoy. Mais si, souvenez-vous, le reporter du Rocky Mountain News avait participé à la traque du Poète. Il revient aujourd’hui, plus désabusé que jamais sur le métier et l’état de la presse. Il ne lui reste que quelques jours avant de quitter, pour raisons économiques, le Los Angeles Times. Et il veut frapper un grand coup. Son but : le Pullitzer. 

Mais revenons à nos moutons. Pour coller au plus près de la (triste) réalité, Michael Connelly a retraîné ses guêtres dans les rédactions. Tout au long du roman, on sent que les difficultés des quotidiens papier touchent l’auteur. « C’est peut-être le début de la fin pour les journaux », explique-t-il. « Est-ce la faute d’Internet ? En partie seulement. Mais Google n’a pas tué les journaux, les gens les ont tué. » Connelly se dit même près à ouvrir son porte-monnaie et à payer un abonnement si le site de son journal préféré, le LA Times, changeait de modèle et passait au payant. (MF)

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