2009 est derrière nous, 2010 arrive. L’occasion pour nous de vous souhaiter une excellente année. Et de publier un premier post tout en son, avec l’émission de l’excellent Asbel López sur RFI en espagnol, qui nous a invités pour sa dernière émission de l’an dernier à dresser le bilan multimédia des douze mois qui viennent de s’écouler. En vingt minutes, vous saurez tout sur ce qu’il ne fallait pas manquer en matière de nouvelles technologies et de journalisme. Pour les hispaniques, por supuesto. (MF & JCR)
Feliz año a todos. Para empezar bien este 2010, una mirada al 2009 y un balance de lo que fue lo más destacado en el sector de las nuevas tecnologías y del periodismo con el programa conducido por Asbel López en Radio Francia Internacional (en español), que nos invito para concluir el año.
L’info est tombée ce midi, le site d’informations en ligne espagnol Soitu.es ferme. Créé le 27 décembre 2007, jour de l’assassinat de Benazir Bhutto, par une équipe dissidente de journalistes venus du web d’El Mundo, avec lequel elle était en désaccord profond, et emmenée par Gumersindo Lafuente, Soitu a été obligé de jeter l’éponge après presque 2 ans d’existence. Son principal actionnaire, la banque BBVA, n’a pas souhaité poursuivre l’aventure. « Elle n’a jamais eu une sensibilité particulière avec nous, a déclaré le directeur. Mais j’ai envie de vous dire que c’est normal. Ils sont banquiers, nous sommes journalistes. »Soitu employait une trentaine d’entre eux, qui se retrouvent du jour au lendemain sur le carreau, comme près de 4 000 autres confrères en Espagne en 2008. Et les prévisions parlent de 5 000 journalistes licenciés en 2009. Soitu, qui avait été récompensé pour la deuxième année consécutive comme meilleur site d’infos en langue non anglaise par l’Online News Association, est le premier « pure player » à fermer boutique. Toute l’équipe a convoqué, mercredi 28 octobre à 18 heures, ceux qui le souhaitent à une chapelle ardente dans leurs bureaux de Madrid. Histoire de mettre des visages sur des noms et d’enterrer dignement ce qui restera comme l’une des initiatives les plus intéressantes du web journalisme espagnol. (MF)
L'ambiance est morose dans les locaux du site après l'annonce de sa fermeture / Soitu.es
Comme tous les ans, la Online News Association, qui regroupe les éditeurs de sites d’informations aux Etats-Unis, a remis ses récompenses. L’occasion de faire un petit tour de ce qui se fait de mieux dans le monde du journalisme en ligne. Vingt-neuf prix ont ainsi été distribués. Vous trouverez le palmarés complet ici. Plusieurs sites ont attiré notre attention. Des outils pour les journalistes aux médias locaux, voire hyper locaux à l’enquête de longue durée mobilisant une équipe de journalistes chevronnés, tout y est passé. Et une confirmation, avec l’espagnol Soitu.es, déjà vainqueur l’année dernière, de nouveau sous le feu des projecteurs, dans une catégorie supérieure cette fois. Cliquez donc sur Publish2, un site fort intéressant de journalisme collaboratif fait de liens très utiles ou sur la Gotham Gazette (non, rien à voir avec Batman), exemple pertinent de journalisme local. Les grands médias n’ont pas été oubliés, le New York Times, la BBC ou le Washington Post sont aussi repartis avec une statuette. (MF)
Un billet rapide pour signaler la publication dans le quotidien Les Échos d’une série sur l’avenir de la presse dans le monde. L’ensemble des articles donne une idée précise du grand débat de la rentrée : gratuit, payant, lancé par le toujours spectaculaire Rupert Murdoch. Un débat qui, une fois de plus, sera marqué par l’absence de nuance. Le choix d’une stratégie unique évite de rechercher de nouvelles pistes pour aboutir à des modèles hybrides (mélange de gratuit et de payant, commerce en ligne, organisation de manifestation…). À cet égard, l’exemple du site japonais GolfDigestOnline (Les Échos du 13 août 2009, archives payantes) est intéressant. Il combine le contenu, l’adhésion à une communauté et des services marchands comme une agence de voyage. Enfin, les dirigeants du quotidien Libération ont relancé leur proposition de participation financière des opérateurs. A suivre…(JCR)
Nous vous parlions il y a quelques jours de Javier Bauluz et du festival photo et journalisme de Gijón. L’an dernier, cette équipe a rédigé un manifeste pour un journalisme différent, signé par des centaines de personnes. Son texte en français et le lien pour le signer, c’est ici. N’hésitez pas à faire circuler !
Autre info, Javier Bauluz a annoncé la création d’un nouveau média en ligne pour le mois d’octobre. Pas encore de nom pour ce projet mais beaucoup d’envie. « Les journalistes ne peuvent plus faire correctement leur travail aujourd’hui car le but des médias qui les emploient n’est plus l’information mais la recherche du profit maximum », a-t-il déclaré lors de l’annonce de ce lancement, rendu possible grâce à l’appui de plusieurs organisations, d’associations, de la société civile et de plusieurs journalistes motivés. « Avec les nouvelles technologies, pas besoin de gros investissements, nous pouvons démarrer rapidement, avec l’aide de tous ceux qui croient en un journalisme de qualité. » Vous pouvez avoir un aperçu de ce que sera ce nouveau site sur le blog Periodismo más derechos humanos. Nous suivrons de près ce lancement et vous tiendrons informés de la suite des évènements, car Javier et sa bande sont ouverts à toute proposition intéressante de reportage. Amis pigistes et autres, à vous de jouer ! (MF)
Ces dernières semaines, plusieurs magazines étrangers, d’Amérique latine, des Etats-Unis et d’Europe, ont publié de grands papiers sur le trafic de drogue et les narcos mexicains. Rien d’étonnant direz-vous, vu la situation que connaît le Mexique. Ce qui est plus original, c’est le traitement de Gatopardo, Internazionale ou Time. Pour une fois, ils passent de l’autre côté, ils franchissent la frontière entre « flics » et « voyous » pour donner la parole aux narcos : un homme de main ou un chef de cartel. Des lectures fort instructives pour quiconque s’intéresse à cet épineux sujet. (MF)
Et comme si les narcos ne suffisaient pas, les polices mexicaines se livrent une guerre sans merci, comme le montre ce sujet diffusé sur le site d’El País.
Reporter au Mexique, pas facile, comme le prouvent les images ci-dessous. Un direct à la télévision au milieu d’une fusillade entre narcos et fédéraux dans la ville-frontière de Reynosa. Ça c’est du reportage ;-)
Et pendant ce temps-là, nos confrères français semblent découvrir l’existence d’une autre ville-frontière, Ciudad Juárez. Un sujet au 20 heures de TF1 le 3 mars, un autre au 20 heures de France 2 le lendemain… « Le Mexique semble se diriger lentement vers un narco-Etat », entend-on sur la chaîne publique. Ah bon, lentement ? Petit rappel : plus de 5 000 morts en 2008 dans la guerre des cartels, dont 1 600 rien qu’à Juárez. La lenteur est une notion toute relative. (MF)
The Media is Dying. Non, ce n’est pas le titre d’un énième article sur la mort programmée du journal papier mais un Twitter qui commence à faire parler de lui. Son créateur, qui préfère rester anonyme, a décidé de suivre heure par heure les (mauvaises) nouvelles du secteur des médias US. En 140 signes, vous saurez ainsi tout sur quel journal licencie, quel chroniqueur est viré ou quel quotidien met en route un plan de licenciements. Avec 6266 inscrits, cette page connait un véritable succès. Même le New York Times en a fait un papier, dans lequel on apprend qu’au départ celle-ci était fermé, entendez par là disponible que sur inscription, mais que suite aux nombreuses demandes des internautes, son fondateur l’a ouverte à tous. Twitter, on l’a vu lors des récents évènements de Bombay – que l’on pouvait suivre minute par minute – semble se convertir en véritable source d’info. A quand un Twitter intitulé Les journaux français disparaissent ? (MF)